




Je passe outre l'étape effectuée à Uwajima, où ma première nuit dans une auberge de jeunesse japonaise était fort instructive mais dont je ne garde pas les meilleurs souvenirs...En effet, journée pluvieuse, donjon minuscule au sommet d'une colline boueuse, et sanctuaire shinto dédié au sexe et à la fertilité avec son musée - intéressant, mais vraiment trop.
Non toute cette semaine à Shikoku était vraiment géniale, et même si certains jours, du fait de la fatigue (plusieurs heures de transports par jour, se déplacer sans cesse avec un sac de rando sur le dos, changer de lieu chaque jour), du temps ou de l'absence de coordination, m'ont paru moins passionnants, ils avaient bien évidemment leur part d'intérêt et ne faisaient que mettre en exergue les bons moments passés en d'autres lieux, en d'autres temps.
Passons directement à Matsuyama, ville principale de Shikoku située sur sa côté ouest.
Matsuyama est une ville vivante, vibrante, où la vie commerçante bat son plein et anime les petites rues et les grandes artères de communication.
La vie nocturne y est peut-être moins attrayante qu'à Kôchi, mais le charme de Matsuyama réside dans son mélange d'époque, modernité contemporaine et modernité naissante de l'ère Meiji.
On y célèbre l'écrivain Natsumei Sôseki et son oeuvre autobiographique Bôchan, et le tourisme local tourne principalement autour des produits dérivés de cet enfant du pays.
Les points importants ici sont :
- les transports : extrêmement pratiques et peu coûteux, avec un tram qui parcourt toute la ville et une locomotive à vapeur ("Bôchan" justement) que l'on peut prendre trois fois par jour.
- le château : située sur une colline surplombant la ville, c'est un édifice majestueux et très bien conservé où, aspect non négligeable pour les touristes que nous sommes, l'on peut essayer la panoplie complète du samurai local !
- enfin, le très célèbre Dôgô onsen situé à 2km de la ville : un bain public dans une bâtisse de bois ancienne au charme incontestable. Le bain est en pierre, avec des peintures sur faïence sur les murs. L'ambiance, côté femmes, ressemble à celle du marché : dans l'atmosphère lourde d'humidité, ça rit, piaille, raconte les derniers potins de quartier.
"Qu'est-ce que vous êtes jolie! D'où est-ce que vous venez?" La nudité dans un bain commun rapproche les hommes (bon, ici, les femmes) et abat les barrières de réticence interculturelles.