mercredi 27 février 2008

Tokyo 3 (version express)




...ou comment passer 5h dans le train pour 30min d'entretien avec un ancien ministre. Enfin je vais pas me plaindre, déjà que la fac arrive à m'obtenir de telles interviewes !

Je ne vous commenterais pas le contenu de cette discussion, bien que je sois persuadée que vous soyez passionnés par la question nucléaire nord-coréenne, mais voici seulement quelques images prises devant les bureaux parlementaires : ceux d'une manifestation hétérogène : régime des retraites, et plus intéressant pour moi (pardon pour les pauvres actifs qui n'obtiendront peut-être pas de pensions du fait des erreurs informatiques de l'administration japonaise...) un sitting contre la révision de la clause pacifiste de la constitution (en plein dans le mémoire !) avec ce magnifique étendard : "Ne touchez pas à l'article 9 !"

Les manifestations restaient quand même très gentilles, elles consistaient en une ligne de manifestants assis contre les grilles des bureaux parlementaires, portant des étendards, et parfois argumentant leur requête à l'aide d'un mégaphone...bienvenue au Japon.

dimanche 24 février 2008

Kyoto sous la neige




Je ne compte plus le nombre de fois où je vais à Kyoto. A une heure de train de chez moi, c'est vrai que c'est un coin sympa pour aller passer un week-end, s'aérer un peu tout en restant dans la région.
Mais là, c'était vraiment la première fois que je voyais la ville sous la neige, et quelle neige ! De bons gros flocons bien dodus qui ne mouillent pas mais s'entassent sur une couche de 15cm sur les chemins et les toits...avec le vent, avancer dans la tempête de neige, le parapluie en bouclier relève du parcours du combattant ! De quoi méditer sur le "chemin du philosophe"...(qu'on a d'ailleurs égayé d'un joyeux bonhomme de neige).
Et le temple du Ginkakuji et son jardin, recouverts par cet épais manteau blanc, paraissaient encore plus calmes qu'à l'ordinaire...
Bon, c'est pas tout, mais j'ai un rapport en japonais, une présentation en anglais, un mémoire en français, une interview hautement politique et des devoirs linguistiques à préparer, moi !

Hina-bento

Tellement adorable, ce petit bento (panier repas) à l'effigie des poupées hina, traditionnellement exposées lors de la fêtes des petites filles, le 3 mars.
Préparé par ma mère d'accueil, c'était mon petit-déj' d'il y a quelques jours !

Izu-hanto




Alors puisque j'ai trouvé un moment, ou plutôt puisque j'ai créé un "espace temps" pour m'occuper de mon blog dans cette période d'occupation intense, autant continuer sur ma lancée !
Après Tokyo, direction la péninsule d'Izu, dans la préfecture de Shizuoka (en dessous de Tokyo).
De là, très belle vue du Mont Fuji, volcan endormi et sommet le plus au du pays. C'est également à Izu que j'ai vu les premières fleurs de cerisier (sakura) de l'année, une variété extrêment précoce qui annonce la venue du printemps (je vous rassure, vu le temps d'aujourd'hui - tempête de neige - le printemps est pas prêt d'arriver !). Et puis enfin, plage isolée, mer à l'azur interpellant pour un paysage qui fait plus penser à une crique méditerranéenne qu'au littoral de Shimoda, au sud de la péninsule d'Izu.
Je tiens quand même à noter au passage qu'en tant que grande fan de onsen, je m'arrête dans tous les bains d'eau thermale que je trouve sur mon passage, et c'est à Izu que j'ai trouvé mon bonheur - le onsen le plus relaxant et pittoresque que j'ai jamais vu.
Comme à mon habitude, je ne me rappelle pas du nom exact du lieu, mais le onsen lui-même s'appelait sen-nin buro (litérralement : le "bain des mille" en référence à sa taille), une légère pointe d'exagération mais le bain était effectivement très grand.
Construit entièrement en bois (édifice, murs, sols, bains,...) et empli d'une vapeur d'eau épaisse mais tellement relaxante, il abritait plusieurs types de bain aux températures différentes, certains tellement grands que je pouvais y nager ! Et ce qui était le plus étonnant, c'est que l'espace entre chaque bain - le passage pour accéder d'un bain à un autre - ...était également rempli d'eau. De l'eau partout je vous dis ! Et des cloisons de bois immergées pour séparer les cuves thermales.
C'est également dans cet onsen que j'ai fais, pour la première fois de ma vie, l'expérience du bain mixte (hommes/femmes). A vrai dire, il n'avait de mixte que le nom, puisque j'étais la seule présence féminine....mais pour une fois que je tombais sur un bain de ce genre, je pouvais pas rater cette occasion !!

Tokyo 2






Tokyo bis ! Deux jours dans la capitale pour ma dernière semaine de vacances (c'était il y a deux semaines...snif) et encore pas assez de temps pour farfouiller tous les quartiers de cette ville cosmopolite, patchwork de cultures locale et internationale.
Alors quelques vues, comme le temple d'Asakusa sous la neige, le quartier de Shibuya à 19h ou une rue de Chinatown à Yokohama le jour du nouvel an chinois. Oui, j'ai pas mal bougé, je suis aussi allée à Ginza, Ameyoko market et au palais impérial tout en logeant à Ikebukuro (seulement pour ceux qui connaissent la ville, sinon je me doute bien que tous ces noms ne vous disent rien...) mais j'ai également pu voir des amis français et japonais.
Soit dit en passant, j'y retourne la semaine prochaine en voyage express (aller-retour dans la journée) pour interviewer un politicen (une politicienne en fait...) pour mon mémoire...non non, je ne suis pas du tout dans une période de stress intense où j'ai mille choses à faire aux quatre coins du pays.

mercredi 13 février 2008

Setsubun




Avant de poster les photos de ma dernière semaine de vacances, voici quelques aperçus des fêtes d'adieux en l'honneur de collègues internationaux dont le séjour au Japon s'achevait fin janvier.
Egalement, le repas traditionnel du setsubun, fête qui se célèbre le 3 février pour éloigner les mauvais démons de l'année tout juste entamée.
Suite à l'action promotionnelle des restaurateurs de sushis, on mange ce jour un futo maki, qui est en fait un makizushi (sushi roulé dans une feuille d'algue) non coupé, en se tournant chaque année vers un point cardinal donné.
A la maison, on est beaucoup plus pragmatique, on mange à sa place et le rouleau est coupé en tranches parce qu'on en met pas partout en mangeant !

dimanche 3 février 2008

Fin du voyage !




Et prochaine étape Tokyo !

Tokushima






Dernière étape de notre périple à Shikoku : la ville de Tokushima d'où nous avons pris notre bus du retour.

La ville en elle-même n'était pas particulièrement attrayante, hormis ses immenses arcades commerciales, et pour tout dire très mal indiquée.

Mais elle abrite un parc magnifique, Ritsurin-koên, immense avec des étangs, des salons de thé traditionnels où l'on peut savourer le thé vert matcha traditionnel en admirant la taille des arbres et l'harmonie des couleurs.

Matsuyama






Je passe outre l'étape effectuée à Uwajima, où ma première nuit dans une auberge de jeunesse japonaise était fort instructive mais dont je ne garde pas les meilleurs souvenirs...En effet, journée pluvieuse, donjon minuscule au sommet d'une colline boueuse, et sanctuaire shinto dédié au sexe et à la fertilité avec son musée - intéressant, mais vraiment trop.


Non toute cette semaine à Shikoku était vraiment géniale, et même si certains jours, du fait de la fatigue (plusieurs heures de transports par jour, se déplacer sans cesse avec un sac de rando sur le dos, changer de lieu chaque jour), du temps ou de l'absence de coordination, m'ont paru moins passionnants, ils avaient bien évidemment leur part d'intérêt et ne faisaient que mettre en exergue les bons moments passés en d'autres lieux, en d'autres temps.


Passons directement à Matsuyama, ville principale de Shikoku située sur sa côté ouest.

Matsuyama est une ville vivante, vibrante, où la vie commerçante bat son plein et anime les petites rues et les grandes artères de communication.

La vie nocturne y est peut-être moins attrayante qu'à Kôchi, mais le charme de Matsuyama réside dans son mélange d'époque, modernité contemporaine et modernité naissante de l'ère Meiji.

On y célèbre l'écrivain Natsumei Sôseki et son oeuvre autobiographique Bôchan, et le tourisme local tourne principalement autour des produits dérivés de cet enfant du pays.


Les points importants ici sont :

- les transports : extrêmement pratiques et peu coûteux, avec un tram qui parcourt toute la ville et une locomotive à vapeur ("Bôchan" justement) que l'on peut prendre trois fois par jour.

- le château : située sur une colline surplombant la ville, c'est un édifice majestueux et très bien conservé où, aspect non négligeable pour les touristes que nous sommes, l'on peut essayer la panoplie complète du samurai local !

- enfin, le très célèbre Dôgô onsen situé à 2km de la ville : un bain public dans une bâtisse de bois ancienne au charme incontestable. Le bain est en pierre, avec des peintures sur faïence sur les murs. L'ambiance, côté femmes, ressemble à celle du marché : dans l'atmosphère lourde d'humidité, ça rit, piaille, raconte les derniers potins de quartier.

"Qu'est-ce que vous êtes jolie! D'où est-ce que vous venez?" La nudité dans un bain commun rapproche les hommes (bon, ici, les femmes) et abat les barrières de réticence interculturelles.

Temple 31






Shikoku est en fait principalement connue pour le pélerinage bouddhiste que l'on peut y effectuer, soit la tournée des quelques 88 temples bâtis sur toute l'île et qui se trouvent dans les villes ou au coeur de la nature. Traditionnellement, le pélerinage se faisait à pied et prenait plusieurs semaines, voire plusieurs mois ; maintenant encore on voit quelques pélerins en costume blanc, baton de marche et chapeau de paille, méditant et faisant l'aumône dans la rue à la façon des moines bouddhistes, mais je doute que la plupart des visiteurs boudent les transports en commun ou la voiture.


Près de Kôchi se trouve l'un de mes temples favorits, le temple n°31 dont j'ai malheureusement oublié le nom :(

Situé sur un mont surplombant la ville, c'est un lieu paisible, où même les cimetières dégagent une atmosphère de sérénité en se fondant dans la nature.

Les transports locaux





Petite parenthèse sur les transports à Shikoku.

Car si le Japon est réputé pour son réseau de transport étendu et très accessible, le progrès semble avoir épargné l'île orientale du pays...Bien sûr, il existe des connections entre l'île principale de Honshu et Shikoku (pour nous, pauvres étudiants, le bus) ainsi qu'un réseau ferré à l'intérieur de l'île.


Mais les fréquences et les correspondances laissent parfois à désirer, et comme vous pourrez le constater vous-même à travers les photos, les infrastructures conservées dénotent un certain goût pour l'anachronisme...ou la réaction à la modernité !


En témoigne notre train (un simple wagon qui met 4h pour parcourir 100km), les bus à la conduite façon 4x4 et les locomotives à vapeur dans la ville de Matsuyama.

Kôchi





Direction ensuite Kôchi, au sud de l'île de Shikoku, avec son château et surtout son marché !


J'adore les marchés, leur profusion de couleur et de senteurs, mais les marchés japonais ont quelque chose de spécial que je n'arrive pas à saisir...peut-être les mamies qui vendent la pâte de riz ou les légumes marinés qu'elles ont préparé dans la matinée...peut-être ces nouveaux goûts et ces nouvelles formes dans les fruits et légumes que je ne connaissais pas jusque-là...

Quoiqu'il en soit, j'ai craqué pour mon pot de miel artisanal !


Kôchi, qui est une ville touristique aux allures méditerannéennes avec ses palmiers, dispose aussi d'un marché couvert rempli de petits restaurateurs qui proposent à toute heure, dans une ambiance assez folklo, des plats à grignoter. Le principe est d'acheter son repas à un ou plusieurs restaurateurs dans les allées du marchés, puis de savourer son repas au centre du bâtiment, dans un espace commun où sont disposés tables et bancs.


Savourer est bien le mot, car c'est dans ce marché de Kôchi que j'ai découvert une des spécialités locales, décrétée dès lors comme l'un de mes plats favorits : katsuo no tataki. Il s'agit en fait d'une pièce de bonite (c'est un poisson, j'ai dû chercher la traduction dans le dico lol) que l'on fait griller superficiellement au dessus d'un feu de paille, avant de la détailler et de la saupoudrer de gros sel. Tellement simple mais....TELLEMENT BON !!!!! Le pourtour est cuit, tandis que l'intérieur garde la consistance et le goût du sashimi (poisson cru)...magnifique !

La vallée d'Iya





Commençons par le commencement. Ou plutôt par la suite, car la première étape dans la ville de Tokushima ne vaut pas la peine d'être commentée.


Donc seconde étape : la vallée d'Iya, au creux des montagnes intérieures de Shikoku !!

Un paradis de végétation, une des trois "régions cachées" du Japon où la nature y est encore foisonnante et dont le petit surnom est le "Tibet japonais"...ça promet !


Les paysages : magnifiques. Sous les flocons de neige se déploient les montagnes, les gorges profondes où coulent des torrents couleur émeraude, et des ponts tressés, maigres tentatives humaines pour apprivoiser une nature caractérielle.

L'hiver la région est quasi-vide, nous étions donc les seuls touristes, mais l'été, c'est un haut lieu de rafting et kayak, je compte donc bien y retourner dans quelques mois !


Les meilleurs souvenirs à Iya sont sans aucun doute ceux passés avec le propriétaire du Minshuku d'Awa-Ikeda, un gentil petit bonhomme qui, sans nous connaître, nous a baladé en voiture dans toute la région, avant de nous déposer dans un onsen (source thermale) local pour se réchauffer. Pour préparer le repas, qui n'était pas compris dans les frais déjà modiques d'hébergement, nous sommes passés ensemble au supermarché avant de faire la popote ensemble en discutant dans la cuisine...

Le lendemain, il nous a même payé la visite de la manufacture de tabac, seule attraction dans la ville déserte d'Awa-Ikeda !


Bref, que du bonheur, c'est dans ces moments que je retrouve confiance dans la nature humaine...

Shikoku !


Et voilà, fin d'une semaine de vadrouille à Shikoku !


Une semaine chargée, et pour cause : on a fait le tour de l'île complet, changeant chaque jour de place, dormant dans une nouvelle auberge, un nouveau minshuku (pension de famille) chaque soir...Mais des images, des odeurs, des sons et des sourires plein la tête !


J'aimerais tout simplement poster les 150 photos que j'ai prises durant cette semaine, mais je pense que c'est un peu trop...donc je me contenterai de quelques photos commentées et classées par localisation...


Rendez-vous bientôt pour un nouveau compte-rendu de mon prochain voyage à Tokyo !