
On retrouve nos journées à l'écoulement tellement naturel, et nos petits plaisirs qui nous rendent si heureux : faire la cuisine soi-même, aller à la plage, retourner s'entraîner au kite-surfing...

Cette fois-ci, les Allemands avaient été remplacés par une gentille petite famille d'Osaka (que des coïncidences dans cette île je vous dis...) avec deux mouflets mignons comme tout mais assez turbulents, bref, l'ambiance n'était pas la même et pour le coup on avait vraiment l'impression d'être dans une pension de famille.

Mais Shu-san, lui, était toujours là, émergeant de sa petite chambre le matin pour mesurer la force et la direction du vent, et nous embarquant si le temps était propice à l'entraînement.

Le trajet jusqu'à la plage était un des moments que je préférais : alors que Tom et Shu-san occupait les deux (seules) places avant de la camionnette rouillée qui servait à transporter le matériel, j'étais reléguée à l'arrière, avec le chien (mon adorable Kotaro !) et lorsque le moteur démarrait, la conduite sportive de Shu-san nous transporter cahin-caha vers la plage, en passant par les petites routes de terre dont les trous se jetaient systématiquement sous les roues de la camionnette (pourquoi ?), et moi j'avais l'impression de prendre part à un safari à l'arrière d'un quatre-quatre, la savane en moins et les feuilles des arbres qui me battaient le visage en plus. A travers la forêt, on pouvait voir de temps à autre la plage et les autres kiteurs déjà sur la mer, j'aurais tellement voulu prendre une vidéo de ce trajet quotidien pour vous montrer mais que voulez-vous, j'étais tellement absorbée dans mon bonheur que c'était pas vraiment le genre de choses auxquelles je pensais.
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